الشيخ احمد فروج

يناير 23, 2010 by amamra  
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شهادة الممثل فروج سليم ابن المرحوم.
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ولد السيد احمد فروج عام 1919م بمشتة تاجنانت وادي الماء مروانة ولاية باتنة. حفظ
القرآن في منزله ثم علمه كمقرئ للأطفال مدة عامين وبعدها ذهب إلى مدينة باتنة ودرس فيها سنة 1934/1935 وفي العام الموالي ذهب إلى قسنطينة في عهد الإمام عبد الحميد بن باديس وتابع تعليمه بالجامع الأخضر مدة أربع سنوات وكان من أنجب التلاميذ. وقد أجازه العلامة المرحوم عبد الحميد بن باديس بان يكون معينا معه في التعليم سنة 1939-1940 وبعد وفاة الشيخ احمد بن باديس طلبته الجمعية الدينية بمسجد مروانة ليلقي دروسا بالمسجد .
فكان مدرسا نافعا للشعب وجذبه نحو العلم والأخلاق الإسلامية وكان معروفا بفصاحته وأسلوبه الجذاب . كما كان يعطي دروسا للطلاب وبإعانة المصلحين أسس مدرسة بمروانة . وفي كل مناسبة كان يقدم احتفالات يخللها بروايات في الأخلاق وتربية المجتمع.
مكث في قرية مروانة ثلاث سنوات واعضا بالمسجد ومدرسا للطلاب. وقد شهد له كل من عرفه بأنه ضحى من اجل نشر العلم في المجتمع ناسيا نفسه ومصالحه الخاصة طبقا لقوله تعالى: ».فلولا نفر من كل فرقة منهم طائفة». صدق الله العظيم.
وفي عام 1943 انتقل الى باتنة معلما بمدرسة التربية والتعليم التي تسيرها جمعية العلماء . وقد ظهرت نتائج أعماله وإخلاصه جليا في النشء الذي علمه.
ومن التربية والتعليم انتقل إلى مدرسة النشء الجديد التي فتحت عام 54 المبارك. وكان من بين المعلمين إلى أن احيل للتقاعد كما كان من السابقين الأولين في جبهة التحرير الوطني مدة الكفاح التحريري واستمر كفاحه بعد الاستقلال كمناضل و مسؤول لفرق المجاهدين.
ومن طبعه انه لا يغتر بالمسؤولية وكان يقول مرارا في الاجتماعات : أننا نخدم الجزائر . لا نخدم احد .ومن طبعه أيضا الصراحة أمام المسؤولين . لا يخاف في الله لومة لائم.
توفي في 22 افريل 1993 عن عمر ناهز 74.تغمده الله برحمته واسكنه فسيح جنانه.
من أقواله:
تربية الطفل كنز وطني وتربية البنت سعادة منزلية وراحة زوجية.
أيها المعلمون الأحرار إنكم قنطرة يمر عليها نحو المستقبل.

El hadj Abdelmadjid Abdessmed

يناير 23, 2010 by amamra  
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par Abderrahmane Bendiha
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Il est des hommes qui, un jour croisent leur destin et s’incrustent ainsi, bien malgré eux, dans les livres d’histoire, de leur terroir, leur région, leur patrie. El hadj Abdelmadjid Abdessmed fut de cela .IL voit le jour à la z aouia des Abdessmed , au piémont du bouaarif,contrée légendaire à quelques encablures de la ville de Batna.dans la commune actuelle de Ain el essaffeur, Son père, cheikh ali ben seghir est l’un des descendants de l’un des fondateurs de la zaouia :sidi mohammed ben abdallah ben abdessamed en 1832,des son jeune age il apprend le coran à La zaouia qui joue un grand role ,à l’instar de toutes les zaouia du pays ,dans la prise de conscience politique de la jeunesse de l’époque.et sa formation en langue arabe et en théologie Le jeune abdelmadjid ,à l’instar de ceux de sa génération ,souffrait du chomage,de la malvie,des péroraisons des fils de colons qui faisaient tout pour lui faire prendre conscience que le fossé entre les deux ne cessait de s’agrandir Il résolut de s’engager dans l’armée francaise en 1951comme volontaire, Au retour de la débacle de la guerre d’indochine il bourlingua en Asie et décida de rentrer au bled en passant par El hidjaz pour accomplir le pelerinage des lieux sa ints . .de retour au bercail en 1955il se retrouva en pleine révolution ,Son statut d’ex militaire lui est favorable pour dérober à la caserne du matériel qu’il remet « aux frères » et s’engage ainsi pleinement dans la lutte pour la liberté,non sans avoir r éalisé une action fidai à el_madher. En 1956,au printemps il rallie une katiba de l’ALN dans la zone 3 de la région de Bouaarif de la wilaya 1.en 1957 il est désigné responsable militaire ,pour une courte période ,secondant un chef charismatique de la région,Abdallah ben messaoud.El Hadj abdelmadjid est le premier à utiliser le bazooka dans la wilaya de l’Aurès.Baroudeur et intrépide il prend part à toutes les batailles ,dont les plus grandes sont celles de « ain el kheiane « et « la bataille de la zaouia « .Il est promu officier et est désigné pour une mission en Tunisie où il fait part de la détresse matérielle de la wilaya 1.A son retour de tunis il participa efficacement à la réorganisation des affaires de la wilaya. reconnu unanimement comme d’un courage à toutes épreuves,son aura déteigne fortement sur ses compagnons de lutte. il agit souvent en »solitaire »surnom qui le distingue un certain temps. en décembre 1960 il engage une bataille sur les hauteurs du chélia,planifiée avec une grande maîtrise bataille dont »le retentissement parviendra aux bords du rhummel »dit-il. IL succombe avec 61 de ses compagnons ,chahid d’une cause juste ,aimée de Dieu et des Hommes.Ses compagnons Ismail Arif,Mahboubi,Abderrah MANE Hasrouri,Tayeb Boulaaziz etc..sont quelques uns de la longue liste des martyrs tombés au champ d’honneur de la révolution. Redoutable stratège,courageux,d’une grande moralité puisée dans ses premières années à la zaouia ,El hadj Abdelmadjid Abdessmed est inhumé dans le cimetière de YABOUS en 1962 au …printemps !GLOIRE A NOS MARTYRS

lA zaouia ,actuellement,est entierement rénovée et délocalisée à quelques kilomètres de emplacement originel ,à là sortie nord de A in el assafer.les lieux offrent désormais toutes les commodités pour les autochtones et les nombreux visiteurs qui y affluent à chaque occasion.le coran ,les hadiths etc..demeurent les enseignements de base,l’assistance des plus démunis demeure l’une de ses missions essentielles.Le patrimoine de la zaouia est divers et éparpillé à travers la wilaya :200 ha de terres à ain-el-assafer,douar leksour,tafrent,1palmeraie à elkantara 1 pressoirà huile à benifarh etc…

les cheikh qui se sont succédés à la tete de la zaouia mohammed,hamou,hmida,tayeb,mahmoud,seghir,hacine…ont tous joué un role majeur dans l’enracinement des valeurs du nationalisme dans les cœurs juvéniles qui rejoignent en force les djebels à l’aube de la révolution salvatrice.25 d’entrent eux périssent les armes à la main. Hachemi (frère de el hadj abdelmadjid),SALAH BEN MOSTEPHA, MOSTEPHA BEN MEZIANE, MAHMOUD BEN HAMOU, LIAMINE BEN AMAR, MED CHERIF FOURARI ETC… la zaouia est bombardée par l’aviation francaise le 26 décembre 1956 …et le 26 décembre 1993(37 ans plus tard)elle est réactivée conformément au testament des anciens rédigé le 5 avril 1921.le 14 mars 2005 elle est de nouveau agréee pour poursuivre sa noble mission au service de la région de l’aures et du pays.

Dans la joie et dans la douleur !

يناير 14, 2010 by amamra  
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Nos «experts» se réveillent un peu tard ; j’aurais voulu les lire au moment où le football national coulait de toutes parts. Quand il n’y avait ni qualifications, ni Malawi… juste la honte permanente et nos regards tournés vers Zizou, le Maroc et la Tunisie ! Nos classements FIFA étaient catastrophiques ! Nous n’existions plus !
Aujourd’hui que des hommes se sont attelés à nous offrir ce que nous n’espérions plus, nous avons une drôle de manière de les remercier ! Je le crie ici : quel que soit le résultat du match contre l’Angola, bravo aux joueurs qui se sont battus pour l’Algérie ! Merci et bravo à l’homme des missions impossibles, M. Saâdane. Depuis 1986 (C’ETAIT LUI !), des dizaines d’entraîneurs se sont essayés à qualifier l’Algérie au Mondial, ils n’ont prouvé que leur impuissance ! Merci à Raouraoua !
Nous n’aimons pas l’Algérie quand elle gagne seulement ! C’est aussi quand elle perd que nous nous unissons pour la soutenir dans ces moments difficiles… Nous sommes avec vous dans la joie et dans la douleur !
farahmaamar@ymail.com

P. S. : nous venons d’apprendre, avec plaisir, que Saâdane reste jusqu’au Mondial ! Ce n’est pas lui qui «fera ses valises» !
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La visite du cheikh Ben Badis en Aurès & La biographie de El-Hachemi Derdouri(
I- La visite du cheikh Ben Badis en Aurès:

Nous savons que Le Mouvement des Oulémas réformistes en Aurès fut fondé par des jeunes chawis d’Igzer n Abdi et d’Ighzer Amellal. Mais connaissez-vous les raisons directes qui les ont poussés à devenir des étudiants de Ben Badis et ensuite des fondateurs de ce Mouvement en 1936?

On remonte le lien à la visite du cheikh Ben Badis, en 1924, en Ighzer n Abdi et en Ighzer Amellal. En effet, c’est à cette date qu’il donna son premier cours réformiste devant des milliers d’aurèsiens
Plus exactement : C’est à Arris dans la mosquée de taqli3t tazeggwaght, où il fut accueilli par M. Salhi, qu’il débuta son cours. Ensuite, il fut accueilli par la famille Derdouri à Haidous (commune de Tizi el Abed) où il donna un second cours, et enfin à Menaa.

C’est cette visite, ainsi que le militarisme religieux de T. El Oqbi entre 1922 et 1929, qui motivèrent plusieurs auresiens à envoyer leurs enfants à la mosquée de Sidi lakhdar de Constantine afin de suivre les études réformistes de Ben Badis (Parmi ces étudiants se trouve Omer Derdouri : Le président et le fondateur du Mouvement des Oulémas réformistes en Aurès)

Comme remarque supplémentaire, sachez que le militarisme de la famille Derdouri, de Haidous, ne date pas de la visite de Ben Badis en Ighzer n Abdi mais bien avant ça. Voici un petit rappel :
- C’est une famille très politisée. Elle exhiba publiquement une hostilité et une répugnance sans limite à la France coloniale, à ses goums, à ses caïds et à tous ses représentants.
À titre d’exemple c’est El-Hachemi Derdoudi qui appela, durant ses prêches, les gens d’Ighzer n Abdi à rejoindre Mohand Amezian lors de l’insurrection de 1879. Cet appel et cette incitation à la révolte lui valurent en 1880 une déportation en Corse. Au fait, il fut déporté avec plusieurs de ses émissaires anticolonialistes : Amor ben yousef de Haidous, Med amezian ben Nara de Hallaoua, Boubaker ben khaled de Tlet, etc. (1)

-La tradition locale va encore plus loin, elle attribue à cette même famille le slogan de la révolte auresienne de 1916 « nous nous donnons pas nos enfants à la France…. ». Cependant, il n’y a aucune confirmation, aucune preuve écrite pour l’étayer. En plus, il arrive souvent d’attribuer à une famille influente un tel dicton ou un tel slogan.
Bref, même le rapport du capitaine PETIGNOT, sur cette révolte et sur les bandits d’honneur en Aurès, n’a pas pu la corroborer. Ce capitaine- enquêteur se contenta d’écrire:
[ Un mot d'ordre d'ORIGINE NON MOINS MYSTÉRIEUSE fut d'abord lancé dans l'Oued-Abdi : « nous ne voulons pas , dans l'Oued-Abdi, donner nos enfants à l'autorité française afin qu'elle les offre en pâture aux canons de ses ennemis… »….…cette pernicieuse consigne se répandit comme une traînée de poudre dans tout l'Aurès et le mouvement d'engagement s'arrêta net.] (2)
Donc la deuxième partie de cette contribution sera constituée des résumés de :

1- Les œuvres de bienfaisance du cheikh Derdouri (des routes, des madrasas, des mahkama, etc.)

2- Quelques exemples de ses dorousses (cours)

3- Les trois chefs d’accusation pour lesquels il fut déporté et incarcéré durant 10 ans à la prison de Calvi en Corse.

4- Sa vie et celle des autres prisonniers auresiens à l’intérieur des murs de ce bagne. (les compagnons du cheikh Derdouri + ceux de la révolte auresienne de 1879 condamnés aussi à la déportation en Corse)
Cette partie du message proviendra de l’enquête de Fanny Colonna publié sous le titre « LES ‘DÉTENUS ARABES’ DE CALVI, 1871-1903 » in “Golden Roads : Migration, Pilgrimage and Travel in Mediaeval and Modern Islam ” pp 95-109

d’ailleurs voici un extrait :

[En mai AD 1880, un personnage aurasien auquel je me suis intéressée pendant longtemps, Si Lhachemi U Derdur, des U. Abdi, est condamné ainsi que trois de ses proches, à la réclusion au bagne de Calvi pour une affaire obscure que j'ai décrite ailleurs.... Il ne reviendra qu'en AD 1890, déjà âgé, de 60 ans, et l'un de ses compagnons, Amar Ben Yucef, est mort à Calvi. ……je me suis mise à la recherche des archives de ce 'bagne', dont on va voir qu'il n'en était pas vraiment un.]

5- La fondation du Mouvement des Oulémas réformistes en Aurès par l’un des descendants ou membre de la famille du cheikh El-Hachemi Derdoudi, c’est à dire par Omer Derdouri.

6- Des exemples de l’action politique de ce dernier et de son éveil politique: la traduction de quelques textes de ses khotba (prêches) anticolonialistes

Inhumain!

يناير 14, 2010 by amamra  
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De concert, Israël et l’Egypte, chacun de son côté, sont en train de construire des barrières infranchissables, qui se veulent de sécurité, mais relèvent en fait du crime contre l’humanité, car elles mettent en danger de mort tout un peuple. Ces barrières vont enfermer et soustraire au monde, 1,5 million de personnes. C’est en fait un génocide que sont en train de commettre l’Egypte et Israël contre les Palestiniens. Cette prison à ciel ouvert, c’est du déjà-vu et ne relève plus du seul esprit imaginatif d’un réalisateur de cinéma. En fait, cela ne s’invente pas. Surtout lorsque la réalité dépasse la fiction. Dans un film demeuré célèbre, New York, 1997 avec Kurt Russel, John Carpentier imagine la transformation de Manhattan en un immense lieu de détention où sont enfermés trois millions de prisonniers. Si le film de Carpentier reste un divertissement cinématographique, il n’en est malheureusement rien pour les Ghazaouis qui vivent effectivement au quotidien et dans leur chair, cette étrange conception de la sécurité qu’a l’Etat hébreu, allant à l’encontre de toutes les lois connues, soutenu par le régime égyptien du président Moubarak. Trop, c’est trop! Singulièrement, face à l’insolite mutisme de la communauté internationale, pourtant prompte à réagir à des faits nettement moins graves que ce qui se passe autour de la bande de Ghaza. En effet, après l’Egypte qui s’est attelée dernièrement à construire une barrière d’acier souterraine à ses frontières avec Ghaza, c’est au tour d’Israël d’annoncer, par la voix de son Premier ministre Benjamin Netanyahu, l’érection d’une barrière de 250 kilomètres à ses frontières avec l’Egypte, le long de la bande de Ghaza en vue de bloquer, est-il indiqué, les «voies d’accès» au territoire israélien. Explication vaseuse quand il est surtout question de rendre hermétique la bande de Ghaza – enclavée entre Israël, l’Egypte et la mer Méditerranée – en y interdisant toute entrée ou sortie. Cela avec la bénédiction du régime égyptien. De fait, réagissant à l’annonce israélienne, le porte- parole du ministère égyptien des Affaires étrangères, s’est borné à affirmer hier, que la décision d’Israël de construire une barrière à la frontière entre les deux pays était «(…) une affaire israélienne». En effet, le gouvernement israélien a approuvé dimanche la construction, «en trois phases» de cette nouvelle muraille de Chine. Cet enfermement intentionnel d’une population de plus d’un million et demi de personnes, outre de contrevenir au droit international, s’ajoute au blocus qu’Israël impose, dans l’indifférence générale, à la bande de Ghaza depuis près de trois ans. Peut-on encore se demander: «Mais que fait donc la communauté internationale?» Mais, ce questionnement a-t-il un sens, quand Israël, au vu de tous, affame, isole et tue les Palestiniens avec la complicité active d’un pays qui se veut «leader» du monde arabe, l’Egypte? Peut-on encore en appeler au Quartette pour le Proche-Orient (ONU, USA, UE et Russie), «machin» censé trouver une solution au contentieux israélo-palestinien, resté de marbre face aux nouveaux crimes d’Israël? La prison géante que l’Etat hébreu construit pour les Palestiniens de Ghaza, ne peut être qualifiée autrement que de crime contre l’humanité et de génocide. Faut-il attendre les morts par dizaines des Palestiniens – l’Egypte a même interdit à un convoi humanitaire de pénétrer par ses frontières dans la bande de Ghaza – pour que les puissants de ce monde réagissent enfin? Qui, à l’instar de De Gaulle en 1967, aura le courage de dire que «ce petit Etat dominateur» (Israël) «organise sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s’y manifeste contre lui une résistance, qu’à son tour il qualifie de terrorisme»…Qui? M.Ban, que fait l’ONU pour protéger les Palestiniens?

Karim MOHSEN
in l’expression

La cruauté de l’oublie

يناير 14, 2010 by amamra  
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NACER BOUDIAF
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Il y a dix huit ans, le 16 janvier 1992, Mohamed Boudiaf repondit, encore une fois, a l’appel du pays. Il abondonna sa paisible vie a kenitra au maroc pour venir seul, faire face au feu qui l’attendait quelques mois plus tard, un certain 29 juin 1992, au carrefour d’un acte isole dans le dos.
Combien se rappellent-ils encore de Mohamed Boudiaf ? Peu, tres peu d’amis daignent encore venir au cimetiere d’El-Alia, les 16 janvier et le 29 juin pour lutter contre l’oubli ou l’amnesie.
L’oubli ou l’amnesie est dans ce cas precis plus cruel que la mort.
Mais une memoire saine et sincere n’oublie jamais. N’y a t’il plus de memoire saine chez nous ? Le samedi 16 janvier 2010, ceux qui viendront a El-Alia auront une idee precise de notre saine et sincere memoire.
L’oubli de Boudiaf et de son sacrifice a pris la forme d’ingratitude. Et comme dit Victor-Hugo ” La supreme bassesse de la flatterie, c’est d’encourager l’ingratitude “. Si Boudiaf a fini comme Dieu le lui a voulu, ce n’est certainement pas pour lui mais pour nous, temoins de son grand sacrifice. En effet comme le dit Goethe, “ceux qui ont decouvert au peuple leurs sentiments et leurs vues, ont ete de tout temps crucifies et brules “. Pour qui et pourquoi Boudiaf est-il revenu et s’est sacrifie ? Pour le pouvoir ? Pour s’enrichir ? Pour sa famille ?
Il est certain que l’assassin materiel de Boudiaf lui a tire, dans le dos et peut-etre meme de face pour se debarrasser de lui physiquement. Mais ceux qui l’oublient aujourd’hui, rt pire, ceux qui font semblant de l’oublier, commentent egalement un crime vis-a-vis de la memoire du peuple, en tombant alors dans la cruaute de l’oublie.
Oublier un homme comme Boudiaf, participe au mensonge car comme dit Albert Camus : “La verite et comme la lumiere; elle aveugle. Le mensonge, au contraire, est un beau crepuscule qui met chaque objet en valeur.”
D’atrocite en atrocite, son parcours infernal qui a commence dans les annees quarante l’a souvent mis en face de la lachete qui l’accuse maintenant de dictateur. Est-ce la meilleure facon de ne pas oublier Boudiaf ?
Pourquoi ne pas rappeller au peuple que Boudiaf a ete le premier Chef d’Etat algerien a definir la personnalite de l’Algerien dans sa triptyque : Amazighite, Islamite et Arabite, alors que pendant des annees on s’efforcait a nous faire avaler que la culture algerienne est seulement arabo-musulmane.

Le traitement reserve a notre embleme national, nos Chouhadas et notre equipe nationale de football par “nos freres “egyptiens est venu opportunement pour nous pousser a redefinir nos marques sur ce plan et sur d’autre.
Garder de Boudiaf le nom d’un aeroport, d’une salle omnisport est une tombe que quelques uns visitent deux fois par an, serait reduire l’histoire de notre pays a sa plus simple expression.
enfin il serair tentant de conclure cette contribution comme l’a dit un poete anonyme :
Mohamed et ton nom et celui du prophete
ou va l’Algerie est une devinette.
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«L’étranger» au calvaire colonial des Algériens

«(…)
Car il y a seulement de la malchance à n’être pas aimé: il y a du malheur à ne point aimer. Nous tous, aujourd’hui, mourons de ce malheur. C’est le sang, les haines décharnent le coeur lui-même; la longue revendication de la justice épuise l’amour qui pourtant lui a donné naissance…» Albert Camus

On a souvent parlé de Camus comme d’un Français contre l’indépendance de l’Algérie et pendant des années, il était tabou. Les rares intellectuels algériens qui en parlent le font avec des précautions oratoires pour ne pas s’attirer les foudres du consensus révolutionnaire ambiant. Souvenons-nous de la phrase: «Entre ma mère et la justice, je choisirai ma mère.» S’il est vrai que la phrase qui fait débat est souvent citée hors de son contexte, s’il est vrai aussi que comme tout «méditerranéen», Camus aimait beaucoup sa mère, il est possible que Camus, dans le contexte difficile de la guerre, eut à faire un choix douloureux qui lui fait préférer la France à la justice à rendre à ceux qui la réclament. Avec le temps et l’apaisement des douleurs, voici le temps de l’anamnèse. On commence à trouver à Camus quelques talents et même certains s’en réclament voire à tort se l’approprient. Camus l’Algérien! L’était-il?
Nous allons tracer le parcours atypique d ’Albert Camus qui eut deux vies, celle vécue dans sa terre natale l’Algérie et celle en «Métropole» où il sera amené à prendre faits et causes pour la France coloniale. Le 7 novembre 1913 naissait Albert Camus à Mondovi, petit village près de Annaba. Albert Camus, élevé par sa mère mais surtout par une grand-mère autoritaire, «apprend la misère» dans le quartier populaire de Belcourt, à Alger où ils ont émigré: «La misère m’empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l’histoire; le soleil m’apprit que l’histoire n’est pas tout.» Sa mère, Catherine Sintès, d’origine espagnole, fait des ménages pour nourrir ses deux fils. Camus éprouve pour elle une affection sans bornes. Camus entre au lycée Bugeaud d’Alger en 1924. En 1930 il passe son baccalauréat. Premières atteintes de la tuberculose, maladie. En 1934 il adhère au parti communiste. En 1937 il doit rompre avec le parti communiste qui le somme de réviser ses convictions, favorables aux revendications musulmanes.

Un parcours atypique
Camus fonde, avec Pascal Pia qui en est l’instigateur, le journal Alger républicain qui, aussitôt, tranche avec le silence complice des autres quotidiens. Camus fait scandale par ses prises de position contre l’oppression coloniale, contre une tutelle qui maintient dans la misère et l’asservissement le peuple musulman, il publie, dans les colonnes d’Alger républicain, puis de Soir républicain, organe du Front populaire, plus de cent articles: politique locale ou nationale, chroniques judiciaires et littéraires, reportages, dont l’important Misère de la Kabylie.(1)
Si les écrits de Camus sur la misère sont indéniablement accablants, on ne connaît pas dans le fond la position de Camus concernant la tentative de génocide de 1945. Albert Camus est mort en janvier 1960, au moment où l’option de la négociation avec le FLN pour préparer l’indépendance de l’Algérie commençait à être envisagée par le général de Gaulle. On ne sait pas comment il aurait réagi s’il avait vécu en 1960, 1961 et 1962, à un moment où chacun a eu à choisir entre cette acceptation de l’indépendance et l’option du putsch et de l’OAS. Quoi qu’il en soit, les textes qu’il a écrits en mai 1945 pour le journal Combat montrent son estime et sa grande attention aux populations arabes déshéritées, ainsi que sa conviction qu’il s’agit «de faire jouer à leur propos les principes démocratiques que nous réclamons pour nous-mêmes.» Voici des extraits de ces textes: «[...] Sur le plan politique, je voudrais rappeler aussi que le peuple arabe existe. Je veux dire par là qu’il n’est pas cette foule anonyme et misérable où l’Occident ne voit rien à respecter ni à défendre. Il s’agit au contraire d’un peuple de grandes traditions et dont les vertus, pour peu qu’on veuille l’approcher sans préjugés, sont parmi les premières Ce peuple n’est pas inférieur, sinon par la condition de vie où il se trouve, et nous avons des leçons à prendre chez lui, dans la mesure même où il peut en prendre chez nous. Trop de Français, en Algérie ou ailleurs, l’imaginent par exemple comme une masse amorphe que rien n’intéresse. (…) Tout ceci, en tout cas, doit nous apprendre à ne rien préjuger en ce qui concerne l’Algérie et à nous garder des formules toutes faites. (…)»(1)
Pour Camus les massacres de 1945 sont un simple ras-le-bol social et économique et il apporte ce faisant, des remèdes superficiels: «L’Algérie de 1945 est plongée dans une crise économique et politique qu’elle a toujours connue, mais qui n’avait jamais atteint ce degré d’acuité. Dans cet admirable pays qu’un printemps sans égal couvre en ce moment de ses fleurs et de sa lumière, des hommes souffrent de faim et demandent la justice. Ce sont des souffrances qui ne peuvent nous laisser indifférents, puisque nous les avons connues. Au lieu d’y répondre par des condamnations, essayons plutôt d’en comprendre les raisons et de faire jouer à leur propos les principes démocratiques que nous réclamons pour nous-mêmes. (..)Un peuple qui ne marchande pas son sang dans les circonstances actuelles est fondé à penser qu’on ne doit pas lui marchander son pain. [...] Les massacres de Guelma et de Sétif ont provoqué chez les Français d’Algérie un ressentiment profond et indigné. La répression qui a suivi a développé dans les masses arabes un sentiment de crainte et d’hostilité. (…) Tout ce que nous pouvons faire pour la vérité, française et humaine, nous avons à le faire contre la haine. A tout prix, il faut apaiser ces peuples déchirés et tourmentés par de trop longues souffrances. Pour nous, du moins, tâchons de ne rien ajouter aux rancoeurs algériennes.»(1)
L’écrivain américain Edward Saïd va à contresens de la doxa laudative concernant Camus. Il décèle dans son oeuvre un plaidoyer sincère pour la colonisation européenne à l’instar de Joseph Conrad ou de Rudyard Kipling. Ecoutons-le: Albert Camus est le seul auteur de l’Algérie française qui peut, avec quelque justification, être considéré comme d’envergure mondiale. (…) Camus joue un rôle particulièrement important dans les sinistres sursauts colonialistes qui accompagnent l’enfantement douloureux de la décolonisation française du XXe siècle.
C’est une figure impérialiste très tardive: non seulement il a survécu à l’apogée de l’empire, mais il survit comme auteur «universaliste», qui plonge ses racines dans un colonialisme à présent oublié.(…)(2)
O’Brien, dans un livre qui ressemble beaucoup à l’étude de Raymond Williams sur Orwell, écrit: Il est probable qu’aucun auteur européen de son temps n’a si profondément marqué (…) De plus, Joseph Conrad et Camus ne sont pas les représentants d’une réalité aussi impondérable que la «conscience occidentale», mais bien de la domination occidentale sur le monde non européen. Conrad exprime cette abstraction avec une force qui ne trompe pas, dans son essai Geography and Some Explorers. Il y célèbre l’exploration de l’Arctique par les Britanniques puis conclut sur un exemple de sa propre «géographie militante»: J’ai posé le doigt au beau milieu de la tache, alors toute blanche, qu’était l’Afrique, et j’ai déclaré: «Un jour j’irai là-bas.» Il y est allé, bien sûr, et il reprend le geste dans Au coeur des ténèbres.(2)
Le colonialisme occidental, qu’O’Brien et Conrad se donnent tant de mal pour décrire, est, premièrement, une pénétration hors des frontières européennes et dans une autre entité géographique. Deuxièmement, il ne renvoie nullement à une «conscience occidentale» anhistorique «à l’égard du monde non occidental»: l’écrasante majorité des indigènes africains et Indiens ne rapportaient pas leurs malheurs à la «conscience occidentale», mais à des pratiques coloniales très précises comme l’esclavage, l’expropriation, la violence des armes. C’est une relation laborieusement construite où la France et la Grande-Bretagne s’autoproclamaient l’«Occident» face aux peuples inférieurs et soumis du «non-Occident», pour l’essentiel inerte et sous-développé. (…) Car, si regrettable qu’ait été le comportement collectif des colons français en Algérie, il n’y a aucune raison d’en accabler Camus.(…)(2)
Allant plus loin que la plupart des critiques, O’Brien observe que le choix n’est pas innocent: bien des éléments de ces récits (par exemple le procès de Meursault [dans L’Etranger]) constituent une justification furtive ou inconsciente de la domination française, ou une tentative idéologique de l’enjoliver….) Lorsque son oeuvre évoque en clair l’Algérie contemporaine, Camus s’intéresse en général aux relations franco-algériennes telles qu’elles sont, et non aux vicissitudes historiques spectaculaires qui constituent leur destin dans la durée. (…) Il faut donc comparer les assertions et présupposés de Camus sur l’histoire algérienne avec les histoires écrites par des Algériens après l’Indépendance, afin d’appréhender pleinement la controverse entre le nationalisme algérien et le colonialisme français. (…) L’écriture de Camus est animée par une sensibilité coloniale extraordinairement tardive et en fait sans force, qui refait le geste impérial en usant d’un genre, le roman réaliste, dont la grande période en Europe est depuis longtemps passée.(…)(2)
Même si, selon tous ses biographes, Camus a grandi en Algérie en jeune Français, il a toujours été environné des signes de la lutte franco-algérienne. Il semble en général les avoir esquivés (..). Quand, dans les dernières années de sa vie, Camus s’oppose publiquement, et même violemment, à la revendication nationaliste d’indépendance algérienne, il le fait dans le droit-fil de la représentation qu’il a donnée de l’Algérie depuis le début de sa carrière littéraire, même si ses propos font alors tristement écho à la rhétorique officielle anglo-française de Suez. Ses commentaires sur le «colonel Nasser», sur l’impérialisme arabe et musulman, nous sont familiers, mais le seul énoncé politique, d’une intransigeance totale, qu’il consacre à l’Algérie dans ce texte apparaît comme un résumé sans nuance de tout ce qu’il a écrit antérieurement: «En ce qui concerne l’Algérie, l’indépendance nationale est une formule purement passionnelle. Il n’y a jamais eu encore de nation algérienne. Les juifs, les Turcs, les Grecs, les Italiens, les Berbères auraient autant de droit à réclamer la direction de cette nation virtuelle. Actuellement, les Arabes ne forment pas à eux seuls toute l’Algérie. L’importance et l’ancienneté du peuplement français en particulier suffisent à créer un problème qui ne peut se comparer à rien dans l’histoire. Les Français d’Algérie sont eux aussi et au sens fort du terme des indigènes. Il faut ajouter qu’une Algérie purement arabe ne pourrait accéder à l’indépendance économique sans laquelle l’indépendance politique n’est qu’un leurre. (…)»(2)
Quelle différence, conclut Saïd, d’attitude et de ton dans le livre de Pierre Bourdieu, Sociologie de l’Algérie publié, comme L’Exil et Le Royaume, en 1958: ses analyses réfutent les formules à l’emporte-pièce de Camus et présentent franchement la guerre coloniale comme l’effet d’un conflit entre deux sociétés. (…) Camus confirme donc et raffermit la priorité française, il ne condamne pas la guerre pour la souveraineté livrée aux musulmans algériens depuis plus d’un siècle, il ne s’en désolidarise pas. Au centre de l’affrontement, il y a la lutte armée, dont les premiers grands protagonistes sont le maréchal Théodore Bugeaud et l’émir Abd El-Kader. (…) «Il faut empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer», avait ordonné Bugeaud. (…) Le général Changarnier décrit l’agréable distraction qu’il octroie à ses soldats en les laissant razzier de paisibles villages; ce type d’activité est enseigné par les Ecritures, dit-il, Josué et d’autres grands chefs dirigeaient «de bien terribles razzias» et étaient bénis par Dieu.(…)(2) Que ces messieurs du Nobel aient cru bon de «couronner» l’immense talent littéraire d’Albert Camus, ne doit pas nous interdire de porter un jugement de valeur sur le combat politique de l’homme. Camus n’a pas compris ou a refusé de comprendre que l’indépendance des colonies était inéluctable; il avait pourtant l’exemple de l’Inde, du Maroc et de la Tunisie. Pour lui l’Algérie devait demeurer française, il disait, qu’il faut se poser la question à partir de quelle conquête une terre vous appartient mais que des «aménagements» devraient y être permis aux indigènes pour que tout reste comme avant. Il est à craindre que les articles de Camus pendant sa période à Alger Républicain sur la misère noire en Kabylie ne soient, en fait, que des appels à la charité et non pas des appels à la liberté, à l’égalité et la fraternité…

L’Algérie aseptisée
Les exégèses de Camus s’évertuent à décortiquer le sens profond de telle ou telle phrase. Pour nous, Camus a raté le train de la décolonisation en s’accrochant à une vision passéiste du monde. Cela n’enlève rien à son immense talent, à ses beaux textes sur l’Algérie de Tipaza la Romaine, de Salsa la Berbère, bref, une Algérie aseptisée, avec les monuments sans arabe, sans culture autochtone si ce n’est celle de Meursaut…le personnage central de l’Etranger Pour sa position ambiguë sur l’Algérie, au contraire de celle de Jean-Paul Sartre qui refusa, lui, le prix Nobel en écrivant au Comité Nobel une lettre magnifique: «(…)Pendant la guerre d’Algérie alors que nous avions signé le Manifeste des 121, j’aurais accepté le prix avec reconnaissance, parce qu’il n’aurait pas honoré que moi mais aussi la liberté pour laquelle nous luttions. Mais cela n’a pas eu lieu et ce n’est qu’à la fin des combats que l’on me décerne le prix.»
Il n’est pas sûr que Camus aurait aussi, s’il avait vécu, signé le fameux «Manifeste des 121» dont la conclusion est sans appel avec trois propositions finales: «Nous respectons et jugeons justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien. Nous respectons et jugeons justifiée la conduite des Français qui estiment de leur devoir d’apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français. La cause du peuple algérien, qui contribue de façon décisive à ruiner le système colonial, est la cause de tous les hommes libres.» Camus restera encore une énigme controversée et il serait malvenu aux Algériens de «se l’approprier», car il a vécu dans une Algérie à des années-lumière d’une autre Algérie, celle des damnés de la Terre dont parle si justement Frantz Fanon, un autre géant qui, lui, s’impliqua à en mourir pour la liberté de l’Algérie.

(*) Ecole nationale polytechnique
(*) enp-edu.dz

1.Albert Camus: L’Algérie en mai 1945 Revue les deux rives de la Méditerranée 29 10 2007
2.Edward Saïd: Albert Camus, ou l’inconscient colonial.Le Monde Diplomatique 11/ 2000

Pr Chems Eddine CHITOUR (*)

in l’expression

SAÂDANE A MENÉ L’ALGÉRIE TROIS FOIS AU MONDIAL ! ET VOUS, QU’AVEZ-VOUS FAIT ?

يناير 13, 2010 by amamra  
Filed under Revue de la Presse

La versatilité d’une partie de la presse algérienne n’est pas une nouveauté mais là, franchement, c’est du tragicomique : des quotidiens qui prédisaient la victoire en Coupe d’Afrique et qui avaient porté Rabah Saâdane au rang de héros national retournent subitement leurs vestes et nous inondent de critiques, parfois au vitriol, sur tout ce qu’ils avaient encensé auparavant : le coach, Raouraoua, les joueurs… C’est incroyable ! Nous avons encore tous en mémoire ces titres dithyrambiques, ces superlatifs élogieux et ces commentaires apologiques qui accueillaient l’équipe nationale à son arrivée à Alger. Et quel accueil ! Même une formation ayant remporté la Coupe du monde n’aurait pas eu droit à un tel traitement de la part de certains journaux !
Nous avons parcouru les «unes» d’il y a moins d’un mois, c’est à croire que ces rédactions ont été changées du tout au tout… Si nous respectons les points de vue de certains titres prestigieux qui ont fait un choix anti-Saâdane très clair dès le départ et qui trouvent dans cette lourde défaite matière à rappeler leurs positions antérieures, nous sommes absolument scandalisés par la volte-face de certains journaux à grand tirage, passés maîtres dans l’art de la manipulation. A l’origine, le manque flagrant de professionnalisme : ces pseudo-journalistes n’ayant aucune formation spécifique, incapables de faire une analyse technico-tactique ou de citer quelques règlements essentiels du jeu à onze, se mettent à écrire n’importe quoi. D’abord, ils réagissent comme n’importe quel supporter passionné : l’équipe gagne et elle devient la meilleure du monde ; elle perd, et c’est la colère aveugle. Ensuite, leur incapacité à faire du journalisme sportif (qu’ils relisent El Moudjahid d’antan, El Hadef ou Ech Chaâb !) les détourne de la vocation première d’une rubrique sportive où ne doivent activer que les journalistes spécialisés en la matière : commenter, analyser, éduquer, perpétuer les valeurs essentielles du sport… Le champ est alors ouvert aux potins, rumeurs et autres médisances… Les Verts ont perdu et cela n’est pas la surprise du siècle ! La veille du match fatidique, nous écrivions qu’il était «difficile de faire un quelconque pronostic car, à ce stade de la compétition, tous les qualifiés se valent…». ajoutant : «L’Algérie a toujours éprouvé de grandes difficultés à venir à bout des équipes qui ne sont pas dotées d’un palmarès huppé.» Par contre, ce qui était peut-être inattendu est la lourdeur de la défaite. On ne peut pas annoncer une consécration en Coupe d’Afrique et je ne sais quoi en Coupe du monde la veille et tirer à boulets rouges sur l’équipe le lendemain. Le professionnalisme, — heureusement qu’il existe chez certains titres ayant vainement appelé les responsables de l’équipe nationale à revoir leur plan de campagne —, c’était de dire avant cette CAN : on ne prépare pas une compétition se déroulant sous des latitudes tropicales à moins zéro de température ! On doit obligatoirement, nécessairement, impérativement jouer des matchs de préparation ! Ce n’est pas une lubie de journaliste opposé au staff technique, mais une condition sine qua non pour tester les joueurs, assurer la cohésion de l’équipe et rôder les automatismes. Enfin, il semble difficile pour des joueurs promus soudainement au rang de stars et engagés dans des discussions avec des clubs européens huppés de se concentrer sur une compétition africaine que l’on a tendance à mépriser tant les milliards peuvent tourner certaines têtes. Pour avoir alerté l’opinion publique, certaines réactions ont été presque traitées de «haute trahison» ! Je ne peux concevoir que l’on puisse critiquer le président de la République et épargner le patron de la FAF ou l’entraîneur national et s’il y a eu de fausses informations sur le stage de France ou une quelconque diffamation, les tribunaux sont là pour accueillir les plaintes. D’ailleurs, certains manipulateurs cachés dans nos rangs et ayant inventé l’histoire des supporters algériens morts en Egypte auraient dû être inquiétés. Au lieu de cela, les autorités, par la voix du ministre délégué à la Communication, n’interviennent que pour nous rappeler notre devoir de solidarité vis-à-vis des Verts ! Si ces derniers gagnent leur prochain match, nous allons assister à un autre retournement de vestes tout aussi spectaculaire alors qu’un succès face au Mali n’assure pas automatiquement une qualification au second tour. Quelle que soit l’issue de ce tournoi — nous nous interdisons tout pronostic —, il serait sage de reconnaître les faiblesses criantes de cette équipe nationale, momentanément cachés par la corrida face aux Pharaons, et de s’atteler à les corriger avant le grand rendez-vous sud-africain ! Chacun est libre de ses choix. Cependant, ceux qui demandent le changement de Saâdane semblent oublier que cet homme a mené l’Algérie trois fois au Mondial ! Qu’ils nous présentent un meilleur palmarès pour nous convaincre ! Nous aussi, nous sommes libres de nos choix : un soutien inconditionnel à Saâdane pour qu’il puisse continuer sa mission. Une élimination en Coupe d’Afrique n’est pas la fin du monde. Par deux fois, en 2006 et en 2008, nous n’y sommes même pas allés : peut-être qu’à ces moments-là, la Fédération suivait les conseils de certains journalistes… Merci, Rabah, de nous avoir qualifiés à la CAN ! Quant au Mondial, c’est «ta» spécialité…
Maâmar Farah

Pub – Guerfi Office

يناير 11, 2010 by admin  
Filed under BatnaInfo

Rabah et Guy

يناير 7, 2010 by amamra  
Filed under Chroniques Choisies

Au beau milieu d’une saison particulièrement faste pour son club qui caracolait à la tête du championnat français de football, le célèbre entraîneur de l’AJ Auxerre Guy Roux répondait en ces termes à un journaliste qui lui demandait d’évaluer ses chances pour le gain du titre : «pour l’instant, nous jouons toujours le maintien en première division. Une fois assurés d’être encore au premier palier l’année prochaine, nous verrons pour autre chose».

Tout le monde en avait rigolé un bon coup, mais personne n’y a vu un quelconque cynisme, Guy Roux étant connu pour toujours garder les pieds sur terre et ne jamais s’enflammer pour un résultat qui n’est pas encore acquis. Personne non plus n’avait parlé de manque d’ambition pour cet entraîneur qui sait que son club n’était pas classé parmi les grosses écuries dont les budgets étaient souvent plusieurs fois supérieurs au sien.

Quand Rabah Saadane, qui n’est pas tout à fait Guy Roux mais partage quand même avec lui une grande humilité, avait parlé de se qualifier pour la coupe d’Afrique comme objectif de la sélection nationale, l’Algérie du foot regrettait avec un pincement au cœur que nous en soyons réduits à ce niveau d’ambition, mais on partageait cependant son réalisme sans le crier sur tous les toits de peur de déranger une étoile dont on entrevoyait la naissance. L’Algérie avait gagné l’Egypte et tout était devenu possible.

Saadane n’avait pas «déchiré ses vêtements» mais un rêve un peu fou scintillait déjà dans ses yeux. L’Algérie était qualifiée pour la coupe du monde et le moins qu’on puisse dire est que Saadane a eu le triomphe modeste.

Il n’est pas tout à fait Guy Roux, mais il commence à y ressembler. Alors que des observateurs avertis qui n’ont aucune raison particulière de nous faire des fleurs parlent de l’Algérie comme l’un des vainqueurs potentiels de la coupe d’Afrique, le sélectionneur national refroidit beaucoup de monde en ramenant son objectif à un petit passage au second tour.

«De la ruse», trouvent les incollables. «Modestie», rétorquent les gentils. «Réalisme de mauvais augure» concluent les scénaristes du pire.

L’ultime stage de préparation se termine et Saadane se métamorphose : «Nous avons des chances d’aller très loin dans cette compétition». Guy Roux et l’AJA étaient toujours en tête du championnat de France à deux journées de son terme quand il a eu ce propos : «On va se classer parmi les cinq premiers!» C’est vrai que les deux hommes sont différents.
laouarisliman@gmail.com
in le temps d’Algérie.07.01.2010

Qualification de l’équipe nationale au mondial Ni miracle ni effet de hasard

يناير 3, 2010 by amamra  
Filed under l'Actualité

Par : Hachemi Djiar (*)
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L’exploit réalisé à Khartoum par l’équipe nationale de football a brusquement émancipé l’esprit des gens des cris et plaintes résiduels qui montaient encore de cette époque tourmentée des années 1990 marquée par la tragédie nationale.
Il venait tout d’un coup, tel un puissant rayon de soleil, déchirer le nuage épais qui obstruait de sa tristesse la perspective d’un espoir renaissant, induit par le processus de reconstruction mis en œuvre depuis une décennie.

Et au milieu des provocations et des reproches infondés émanant d’un coin du monde où la victoire des Verts a été ressentie, à tort, comme une offense, s’est imposé d’instinct, en Algérie, un hymne de fierté. Cet hymne s’est élevé comme pour refermer le cycle tragique ouvert en 1988-1990 et pour ramener les consciences à cette authenticité inaltérable qui, en réalité, n’a pas cessé d’agir au plus profond de l’âme nationale, à laquelle elle a évité de rompre avec ses sources de dignité, de courage et de mouvement qui forcent le respect. Il rappelle les effluves sonores des périodes lyriques ayant marqué dans notre pays le troisième quart du siècle écoulé, ainsi que les générations qui ont baigné dans leurs harmonies, avant que n’advienne, au crépuscule de ce siècle, la crise nationale et son cortège de deuils.
En fait, c’est un double exploit que notre équipe nationale a réalisé. D’abord, un exploit sportif qui a ouvert la voie de la CAN et de la Coupe du monde. Ensuite, un exploit moral qui a fait réouvrir à la nation les yeux sur elle-même, ainsi que sur le sentiment d’une originalité que toute comparaison renforce d’une valeur inaliénable et d’un génie que les malheurs, les fautes, les querelles et les passions d’une fin de siècle agitée n’ont pas réussi à effacer.
Mais ce n’est pas à ce seul constat qu’il faut se limiter. Car par-delà l’euphorie momentanée de la victoire et les fortes émotions que celle-ci a fait naître, c’est aussi l’occasion d’une halte propice à la méditation et à la réflexion objectives sur la gestion du sport en général et du football de haut niveau en particulier dans notre pays.
D’abord, comment notre équipe nationale en est-elle arrivée là ?
Ce n’est ni un miracle ni un effet du hasard. C’est par les dispositions appropriées prises conjointement à l’automne 2007, par le ministère de la Jeunesse et des Sports et la Fédération algérienne de football, au lendemain de la défaite contre la Guinée, que le sursaut a eu lieu. C’est aussi par un travail patient et un effort soutenu de préparation accomplis par les joueurs et leur encadrement depuis cette date que l’exploit est devenu possible. Que ce soit, le plus souvent, dans leurs clubs respectifs ou bien lors des regroupements pour les stages à la veille des compétitions, les joueurs ont fait preuve d’une application et d’un sérieux tout à fait louables. Ils avaient parfaitement compris que le résultat est au bout du travail et de l’effort. Aussi, c’est l’occasion ici de rendre un hommage appuyé aux clubs qui ont fait confiance au talent de ces joueurs, permettant ainsi leur sélection en équipe nationale.
De rendre également un hommage appuyé au staff technique de cette équipe ainsi qu’aux dirigeants et à toutes les personnes qui se sont mobilisés, depuis si longtemps dans l’anonymat, pour accomplir leur part de la tâche. Que ce soit au niveau du ministère, de la fédération ou de toutes les autres structures, chacun a donné le meilleur de lui-même, sans interruption, pendant plus de deux ans. En célébrant aujourd’hui les mérites des Verts qui ont offert généreusement à la nation et à sa jeunesse l’opportunité de retrouver leurs repères afin de mieux chercher leur route dans un monde incertain, sans jamais se laisser décourager ni abattre, les Algériens, par dizaines de millions, ont parfaitement pris la pleine mesure de l’effort accompli en commun pour aider ces joueurs talentueux à aller le plus loin possible.
Et c’est donc, aussi, la célébration de cette collaboration féconde, venue à point nommé transcender les divergences d’opinions, les incompatibilités de tempéraments, ainsi que les clivages idéologiques, politiques et sociologiques qui ont nourri les tensions et opposé violemment, durant toute une décennie, les enfants de ce pays rompu à toutes sortes de défis qu’il a eu à relever au cours d’une histoire millénaire.
Il y a une puissance significative dans une telle mobilisation autour de l’équipe nationale de football. L’État, sous l’impulsion de son chef, le pays et sa jeunesse attentifs au déroulement de chaque compétition ont fourni à cette équipe palpitante de volonté, ainsi qu’à son encadrement, les ressources matérielles et morales qui leur ont permis de commencer à gravir les marches d’une gloire renaissante. Et pour un pays comme le nôtre, dont la principale richesse est la qualité de sa jeunesse et la cohésion de son peuple, rien ne doit compter davantage aujourd’hui que la culture méthodique du travail collectif sans lequel aucun progrès n’est possible. Car, dans le monde actuel, les enjeux ne manquent pas, quel que soit le domaine.
C’est le cas, par exemple, en matière de sport de haut niveau où les enjeux sont considérables.Au niveau mondial, et à l’instar du segment économique, le sport de haut niveau tend, en effet, à se dégager de plus en plus de la sphère étatique pour s’incorporer à une logique de marché et s’inscrire fatalement dans la mondialisation. Aussi, les grandes compétitions de référence sont devenues des enjeux économiques gigantesques.
Les sociétés multinationales utilisent ces compétitions pour s’ouvrir des marchés à l’échelle planétaire et conférer au sport le statut d’une société du grand spectacle, adossée à une marchandisation universelle des élites sportives. Ce qui induit une démultiplication des allures que prend l’image du sport : sport-exploit, sport-spectacle, sport-loisir ou sport-épanouissement personnel. Ce qui induit aussi une réalité tangible, à savoir que des groupes d’intérêt et des lobbies puissants sont désormais susceptibles, sinon de contrecarrer, du moins d’influencer des politiques publiques censées, elles, veiller à ce que l’activité sportive ne se déconnecte pas de l’intérêt général.
Dans ce contexte, les sportifs de haut niveau sont donc exposés au risque bien réel de devenir de simples produits marchands sur un marché mondialisé, et à n’être ainsi assimilés qu’aux exploits réalisés. Ce qui apparaît déjà à travers, notamment, les surenchères des droits de retransmission télévisuelle, la disparition des écrans de certaines disciplines sportives et l’adaptation des règles du jeu aux intérêts des fabricants d’articles et équipements sportifs.
Si elle offre de réels avantages, cette logique du tout économique ultralibéral n’est pas moins de nature à constituer une menace pour l’équilibre indispensable à opérer entre les règles du marché, qui régissent désormais le sport de haut niveau, avec leur corollaire qu’est l’autonomie revendiquée par le Mouvement sportif international, et la régulation des activités sportives qui, elles, ne doivent pas cesser de participer pleinement de l’intérêt public incarné par l’État. C’est là, en vérité, le fond d’un débat interminable entre les pouvoirs publics et le Mouvement sportif dans presque tous les pays.
En Algérie, si les enjeux ne sont pas de la même échelle que ceux qui viennent d’être rappelés, il n’y a pas moins un enjeu majeur. Cet enjeu est celui d’une relance du sport qui soit capable de lui assurer un développement pérenne. Cet enjeu est devenu aujourd’hui l’une des préoccupations essentielles des pouvoirs publics.
Cela concerne toutes les disciplines, notamment la plus populaire d’entre elles : le football.En effet, la percée réalisée par l’équipe nationale au prix d’un effort soutenu de plus de deux ans et le succès de l’Entente de Sétif à l’échelle nord-africaine ne doivent pas masquer une réalité amère qui est que le football algérien n’est pas au meilleur de sa forme.
L’espace forcément limité imparti à
cette préface ne permet pas d’étaler dans le détail les causes multiples d’une crise qui perdure depuis près d’un quart de siècle. Il suffit d’en signaler deux parmi les plus déterminantes, à savoir : d’une part, une rupture brutale, car non préparée, avec le système établi par la réforme de 1976-1977, d’autre part, les contextes tragiques qu’a vécus le pays au cours de la dernière décennie du siècle écoulé, et dont les retombées destructrices n’ont épargné aucun domaine de la vie nationale, y compris donc le domaine sportif.
Cette situation nous a imposé en tout cas de réagir, à la faveur de la sonnette d’alarme tirée au plus haut niveau de l’État par le président de la République lui-même. Un vaste chantier fut ainsi ouvert visant à établir une stratégie de relance dans le cadre d’une politique publique cohérente dédiée au sport.
Un Rapport intitulé “Politique nationale du sport” a été alors élaboré suite à un diagnostic stratégique et à une large concertation amorcée en juin 2008, juste après la finalisation d’un premier rapport intitulé “Politique nationale de la jeunesse” qui a été soumis au gouvernement en date du 31 mai 2008. La “Politique nationale du sport” a fait à son tour l’objet d’examen par le gouvernement en date du 29 septembre 2009, avant d’être ensuite soumise au Conseil des ministres en sa réunion du 30 décembre 2009. Et le premier dossier opérationnel décliné de cette “Politique nationale du sport” est précisément celui du football, lequel a été préparé en étroite collaboration avec la fédération concernée.
S’agissant d’abord de la Politique nationale du sport, elle s’articule sur dix programmes conçus pour être complémentaires et donc d’une égale priorité comme les murs porteurs d’un édifice. Cela concerne tous les facteurs de la relance. Depuis la gouvernance du système sportif national jusqu’au travail intersectoriel, en passant par la généralisation de la pratique, le système de financement des activités sportives, les infrastructures, l’indispensable formation des jeunes talents, le sport en milieux d’éducation et de formation, la recherche en sciences du sport, la médecine sportive, l’éthique sportive, la lutte contre la violence dans les stades, la lutte antidopage et autres aspects, rien n’est laissé au hasard. La mise en œuvre de ces programmes, par un travail articulé sur la persévérance dans l’effort, est de nature à mettre le sport algérien en position ascendante et en situation d’assumer ses fonctions multiples, essentielles pour la cohésion de la société, la préservation de l’ordre public, ainsi que pour la santé physique et morale de la jeunesse.
S’agissant ensuite du football, l’option stratégique qui est à l’étude consiste à assurer, à terme, une nette séparation entre l’amateurisme qui est, par sa nature, avant tout un loisir, un facteur d’éducation, de santé et d’épanouissement personnel pour ceux qui le pratiquent et le professionnalisme qui constitue, pour ceux qui en suivent la voie, un vrai métier, avec ses règles propres et sa finalité qui est de produire de la performance, du spectacle et des revenus au plus haut niveau de la compétition. Que ce soit pour la “Politique nationale du sport” ou bien pour ce premier dossier du football qui en est décliné, ainsi que pour les autres dossiers, le souci majeur qui en guide l’élaboration est celui de la mise en œuvre effective sur le terrain, selon la perspective d’une action continue sur le moyen et le long termes, sans laquelle rien de durable et de solide ne pourra être édifié.
Une mise en œuvre qui ne peut, en outre, s’opérer sans une réelle conjugaison des efforts et une parfaite harmonie entre les intervenants publics et associatifs, dans le cadre d’un partenariat “public-public” et “public-privé”. À cet égard, et concernant le football, la question de la transformation des clubs de l’élite par exemple, en clubs professionnels, sera examinée incessamment, à la lumière des conditions posées par la FIFA pour toute participation future aux compétitions internationales, ainsi que du fait que la haute performance demande un investissement considérable, programmé et constant, qui ne peut en aucune manière relever de l’amateurisme. Elle se mesure par des critères objectifs et rationnalisés. Elle nécessite une détection précoce, un entraînement régulier et intensif impliquant une formation permanente et une planification à court, moyen et long termes, sans oublier la reconversion sociale post-compétitive des sportifs et même de leurs entraîneurs. On voit bien qu’il y a encore un chemin laborieux à parcourir pour entrer dans cette logique et hisser ainsi notre pays dans le peloton de tête des grandes nations du football.Les joueurs de l’équipe nationale et, à un degré moindre, ceux de l’Entente de Sétif, viennent de nous démontrer que rien n’est impossible. Mais nous ne pouvons développer et pérenniser notre présence au plus haut niveau de la compétition que si ce grand sport populaire est conçu, à ce niveau, comme un vrai métier, et si les performances deviennent des fruits naturels du championnat local.
Mais cela ne signifie nullement que les joueurs qui évoluent à l’étranger n’ont pas un ancrage en Algérie. En fait, leur ancrage est bien réel. Il a été traduit à travers l’amour viscéral exprimé, à maintes occasions, par ces joueurs pour leur pays d’origine. Leur entrée dans chaque foyer où ils ont apporté l’espoir, le rêve et la joie aux familles, à la faveur des différents matches et à travers la télévision nationale, a consacré les liens indissolubles qui les rattachent à leur peuple. C’est, en tout cas, à raison des éléments qui viennent d’être succinctement exposés que se précisent les contextes dans lesquels doit s’opérer l’analyse des retombées de l’exploit du 18 novembre 2009 à Khartoum, et que nos perspectives d’action et nos espérances doivent s’établir. Et, derrière l’arbre d’une victoire, il y a, pour ainsi dire, l’immense forêt des problèmes à résoudre et des efforts immenses qui restent à accomplir. Il y a la réalité crue d’un système footballistique opaque et obsolète qui exclut tout progrès si les différents acteurs concernés, notamment au niveau des clubs, ne font rien, conjointement, solidairement et sérieusement pour l’améliorer.
Dans cette perspective, l’exploit de Khartoum est d’autant plus appréciable que son impact psychologique et moral exceptionnel ne doit avoir d’égal que l’humilité à toute épreuve qu’il doit nous inspirer, si nous ne voulons pas donner de fausses illusions à notre jeunesse. Nous devons prendre garde à ce que l’euphorie de la victoire remportée au Soudan ne nous fasse pas oublier que dans la cour des grands où notre équipe a été propulsée grâce au talent de ses membres et de son encadrement, mais aussi grâce au soutien inconditionnel de leurs supporters et à l’accompagnement décisif du chef de l’État, le plus dur reste à accomplir. Nous devons rester d’autant plus modestes et déterminés, que les dures lois du sport font que chaque étape de l’escalade vers le sommet est fatalement plus exigeante que la précédente, en termes d’effort, de travail et de sacrifices.
En bref, nous devons continuer à travailler dur, en bannissant tout scepticisme, en maintenant notre mobilisation et notre confiance à l’endroit des Verts et en continuant à les accompagner par tous les moyens, dans la sérénité qui sied à ces moments graves du parcours, pour d’autres victoires qui, à ces conditions, sont tout à fait possibles dans le futur, en Angola, en Afrique du Sud ou ailleurs. Nous devons également nous atteler à la mise en œuvre de la matrice des actions figurant dans le “Dossier football” décliné de la “Politique nationale du sport”, dès consolidation de ce dossier, afin de préparer, dans le calme et la concentration, l’avenir qui va bien au-delà de janvier et de juin 2010. Car, et comme le recommandent tous les footballeurs avertis, c’est dès aujourd’hui qu’il faut travailler aux CAN 2012 et 2014 ainsi qu’aux Coupe du monde 2014 et 2018 notamment.Avant de terminer, je ne me déroberai pas au devoir naturel de saisir l’occasion de l’avènement de la nouvelle année pour souhaiter aux membres de notre équipe nationale, à chacun de ses supporters, en Algérie et à l’étranger, ainsi qu’à toute la famille du sport algérien, santé, bonheur et toujours plus de succès.
Au public sportif de Khartoum, à l’âme si élevée et à l’attitude si généreuse, qui a créé les meilleures conditions d’une compétition loyale entre les équipes concurrentes, tout en nous manifestant une hospitalité fraternelle qui le grandit et l’honore, je tiens aussi à adresser, au nom de l’ensemble des supporters de l’équipe nationale de football, nos sincères remerciements ainsi que nos meilleurs vœux de prospérité.

H. D.
(*) Ministre de la Jeunesse et des Sports