La fête de l’automne à T’kout (Batna) Thamaghra n’tmenzouth, une fête millénaire

أغسطس 30, 2010 by amamra  
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Par : RACHID HAMATOU

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La fête de l’automne fait partie du patrimoine culturel millénaire des Aurès. Mais il faut reconnaître la contribution du mouvement culturel associatif à maintenir en vie ces traditions.

La fête séculaire a eu lieu en dépit d’un contexte difficile. Une fin de mois caniculaire, plusieurs commerces et des plus fréquentés (cafés et restaurants) fermés, Ramadhan oblige, mais surtout une atmosphère de deuil, bien installée à T’kout. La mort, qui continue à frapper chez les tailleurs de pierres, entache, trouble et inhibe la traditionnelle joie de la fête de l’automne, même si quelque peu le cœur n’y est pas.
C’est tôt le matin que des voitures, surtout des véhicules utilitaires, traversent le village pour se diriger vers la place du marché qui leur est réservée, et ce depuis toujours.
Beaucoup de vendeurs ambulants viennent des villages et villes limitrophes (Arris, Imsounine, Ghouffi, Jemoura, Ichemoul), d’autres du chef-lieu de wilaya (Batna), mais aussi des grandes villes, Sétif, Biskra et Bordj Bou-Arréridj. La fête de l’automne fait partie du patrimoine culturel millénaire dont jouit l’Aurès ; cependant, il faut reconnaître au mouvement culturel associatif sa grande contribution à maintenir en vie ces pratiques et traditions qui, à un moment donné, avaient frôlé une mort certaine.
Durant les années 1980, à travers les Aurès, et surtout dans les zones rurales les plus reculées, des étudiants, adhérents du mouvement culturel amazigh ou de la Ligue aurésienne, se sont attelés à dépoussiérer et remettre au goût du jour des us et coutumes plurimillénaires.
La fête de la pomme à Arris, Besegrou, dans la région d’Aïn Fakroun (wilaya d’Oum El-Bouaghi), Yennar, à travers tout l’Aurès et, présentement, Thamghra n’tmenzouth (la fête de l’automne) à T’kout.
La fête coïncide avec la fin de l’été et le début de l’automne, selon le calendrier berbère, qui n’est qu’un agenda agricole, la nature et les saisons sont pris comme repères chronologiques. Tout au long de l’Oued Ighzr Amelal (Oued Labiod) et Oued Abdi, les fruits de saison mûrissent en cette fin de mois. Les fellahs, qui ne sont pas de grands propriétaires terriens, proposent leurs récoltes contre d’autres moissons et cueillettes ; c’est la genèse de la fête de l’automne, aucune vente, aucun achat, que du troc.
Pommes (adhafou) d’Inoughissen, poires (thafireste) de Bouzina et pêches de Menaâ. Bien sûr, d’autres fruits, légumes et céréales seront au rendez-vous, mais le fruit sucré, chez les Chaouis, est un signe de bonne saison et de bienvenue pour les commerçants qui viennent de loin. La pratique (troc) est en nette baisse, même si elle est maintenue par certains fellahs, qui espèrent d’ailleurs redonner vie aux échanges, qu’ils considèrent plus bénéfiques et sains. Le marché de la petite ville de T’kout connaît une grande affluence, surtout le matin, avant le grand soleil de midi qui oblige les commerçants et leurs bardots à se mettre à l’ombre.
Fruits, légumes, céréales et épices ne sont plus les seules marchandises des commerçants ambulants, venus des quatre coins de la wilaya et des villes limitrophes ; d’autres aussi proposent ustensiles de cuisine, climatiseurs, électroménagers, produits de beauté… L’automne reste la fête aussi, la quincaillerie fait son apparition, et depuis quelques années déjà, il faut faire avec.

Rahba, le royaume des épices

أغسطس 24, 2010 by amamra  
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Par : RACHID HAMATOU
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Une agréable odeur titille les narines à l’approche d’un lieu bien connu
par les habitants de la région des Aurès qu’on appelle Batna Rahba.

Durant toute l’année, spécialement pendant le mois de Ramadhan, Rahba devient un passage obligatoire, un lieu où surtout les femmes viennent choisir les aromates qui leur conviennent pour la préparation du f’tour, mais cela n’est pas propre au mois de Ramadhan, on y retourne pour les fêtes de l’Aïd aussi. C’est tout un rituel, une pratique connue par certains vendeurs que nous avons rencontrés et qui ont plus de trente ans de métier dans le domaine. En dépit d’une forte chaleur et d’un soleil menaçant, les clients ne sont pas rares.
Qui pour un demi-kilo de dattes précoces (m’naguar) juste pour goûter en famille, qui pour des feuilles de laurier ou encore qosbor (graines de coriandre). Bien à l’ombre, les commerçants ne semblent guère être pressés, de même pour leurs clients et, surtout, clientes, qui viennent souvent en groupes, certainement pour mieux apprécier la marchandise. Sans gêne, elles ouvrent des boîtes de beurre salé pour sentir l’odeur, demandent un échantillon de couscous, plongent la main dans un sac de graines de sésame, sans que le vendeur bronche, un shopping bien de chez nous.
Méfiants au tout début, les commerçants ont fini par comprendre que nous ne sommes ni des contrôleurs de prix ni des inspecteurs d’hygiène, mais plutôt intéressés par cette atmosphère et ambiance ramadhanesque. On nous apprend en prélude que Rahba n’était pas toujours dans ces lieux. Elle se trouvait à la place de l’actuel siège du Crédit populaire algérien (CPA). Le déménagement au marché couvert a eu lieu en 1986.
À ce sujet, Abd el-Ali Ferraj, commerçant de son état, nous dit : “J’ai vingt ans de métier, j’ai exercé à l’ancienne Rahba. C’est vrai que ce n’était pas couvert, mais je pense qu’il y avait plus de baraka… Nous avons toujours eu les mêmes fournisseurs. Nous ramenons le f’rik (blé dur ou tendre granulé) de Zribet el-Oued (wilaya de Biskra), les épices de Sétif, les noix et les amandes sont d’ici, des Aurès (Arris, R’haouet, Bouzina…).”
Quant à la meilleure période pour les ventes, c’est “pendant le Ramadhan, et surtout à l’approche des fêtes. Comme pour cette année, les dattes seront disponibles durant El Aïd el-K’bir, nous ferons des affaires”, dit notre interlocuteur. Un autre vendeur, considéré par ses collègues comme l’un des plus anciens avec trente ans de métier, Ammar Sersar, est sollicité par tout le monde. Il nous confirme les dires des vendeurs, soulignant que les clients sont en majorité des femmes, car elles connaissent mieux les produits, mais il y a aussi les Batnéens qui résident à l’étranger et qui ne manque aucune occasion pour passer par Rahba… chez Hamlet, notamment.
Un ancien magasin, qui ne paie pas de mine, mais ne désemplit pas. Toufik, le propriétaire, connaît sur les doigts d’une seule main les noms des épices, aussi bien en français qu’en algérien. En fin connaisseur, il nous éclaire en disant : “Les achats pour le Ramadhan ne sont pas les mêmes pour toutes les saisons. Le Ramadhan en été, ce n’est pas comme en hiver. Les dix derniers jours du carême sont presque réservés aux achats des produits pour gâteaux.”
C’est ras el-hanout (un mélange de certaines épices) que les gens achètent le plus. Coriandre, carvi, fenouil, anis, gingembre, cannelle, origan, cumin… et bien d’autres herbes et plantes, qui donnent leurs senteurs à cet endroit magnifique, où nous avons rencontré des citoyens venus de wilaya limitrophes (Sétif, Constantine, Khenchela…) afin de faire quelques achats et profiter de la bonne ambiance.

in liberte

Archéologie : Ichoukan, un site historique mythifié

أغسطس 17, 2010 by amamra  
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histoire du site archéologique Ichoukan situé dans la commune de Foum Tob à 50 km au sud-est de Batna, se confond avec le mythe tissé à son sujet par la tradition orale pour magnifier cet endroit, siège d’importants vestiges de la civilisation numide.

L’histoire du site archéologique Ichoukan situé dans la commune de Foum Tob à 50 km au sud-est de Batna, se confond avec le mythe tissé à son sujet par la tradition orale pour magnifier cet endroit, siège d’importants vestiges de la civilisation numide. Des habitants de la région conservent une multitude de contes et de légendes à propos de ce lieu mythique qui accueillait, jusqu’il y a peu, des cérémonies religieuses à chaque Aïd El-Kébir ainsi qu’en témoignent les traces encore visibles des béliers sacrifiés à cette occasion. Certaines légendes locales font état de phénomènes paranormaux qui hanteraient les lieux mais personne n’en parle plus depuis l’extension urbaine de la cité de Foum Tob vers le site. Plusieurs traditions semblent néanmoins résister aux vents du changement. C’est le cas de la grotte de Khenguet Sabaa R’goud encore très visitée par les habitants de la région, notamment les femmes qui y déposent régulièrement des aliments et des objets, une manière d’émettre des vœux de mariage et de procréation ou pour “chasser le mauvais œil”. La grotte ne désemplit jamais de bougies, de henné, d’encens, de sucre, de fruits, de “Tamina” (confiserie traditionnelle) et même de pièces de monnaie. Amar, un jeune habitant de Foum Tob, admet que les friandises déposées feront surtout le bonheur des enfants qui guettent le départ des visiteuses pour s’emparer des succulentes offrandes. “Moi-même, confie-t-il, je rivalisais d’ingéniosité avec d’autres enfants pour pénétrer le premier dans l’excavation et savourer les denrées alimentaires qui s’y trouvaient sans me soucier le moins du monde des contes se rapportant à ces lieux”. Pour les adultes, l’incrédulité des enfants ne réduit en rien la grande valeur de ce lieu de pèlerinage dont les visiteurs croient voir le plus souvent leurs vœux exaucés. Certains, raconte-t-on, disent avoir rencontré une étrange colombe à l’intérieur de la grotte, tandis que d’autres affirment avoir vu du sang jaillir d’entre les pierres, notamment le jour de l’Aïd El-Kébir. Ces histoires étranges rehaussent la magie du site pour le visiteur qui flâne à travers les détours rocailleux de la région.
De la cité archéologique Ichoukane bâtie il y a plusieurs millénaires par les constructeurs numides, il ne reste aujourd’hui que quelques monuments funéraires et quelques vestiges éparpillés çà et là autour du lieudit Gué de Constantine, un défilé étroit resserré entre deux oueds et bifurquant en deux passages montagneux, Khenguet Sabaa R’goud et khenguet Lekhra. Littéralement, ces deux derniers toponymes signifient “le défilé des sept dormants” et “le défilé du Jugement Dernier”. La beauté des paysages rocailleux des deux sites est à couper le souffle de par leurs formes abruptes, captivantes et presque inaccessibles. De 6 à 8 mètres de diamètre, les monuments funéraires de formes cylindriques sont désignés par les spécialistes par le terme Chouchet. Ils ont été pour la première fois décrits par le militaire français Payen en 1863. L’archéologue Stéphane Gsell mentionne dans son “Atlas archéologie” la grotte de Khenguet Sabaa Rgoud laquelle fut, selon lui, un refuge pour les rois berbères dont Iabdas durant la période romano-byzantine. Ces monuments funéraires numides qui figurent parmi les plus anciennes sépultures autochtones sont aujourd’hui menacés par les aléas naturels et les agissements de l’homme, regrette M. Saâdna Amine de l’association culturelle et scientifique Ichoukane. Pour ce cadre associatif, des fouilles et études académiques sont nécessaires pour révéler toute la richesse du patrimoine historique d’Ichoukane (“marécages”), jadis lieu d’affrontements incessants entre Numides et Romains.

TIPASA, LA CASBAH, TIMGAD… Ces monuments risquent d’être déclassés

أغسطس 10, 2010 by amamra  
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Les sites culturels et naturels classés patrimoine mondial sont laissés à l’abandon.

De nombreux sites naturels et culturels à travers le monde ont été inscrits au patrimoine mondial lors de la 34e session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco à Brasilia.
Le Parc national de l’île de la Réunion en France, l’archipel isolé des Papahanaumokuakea des îles Hawaï des Etats-Unis, le plateau de Putorana en Russie, le quartier des canaux à Amsterdam, la cité impériale de Thang Long-Hanoï au Vietnam ou encore la région montagneuse de forêts du Sri Lanka sont autant de sites qui font désormais partie du patrimoine mondial de l’humanité.
En Algérie, c’est plutôt le contraire qui risque de se produire. Des monuments culturels et des sites naturels, déjà inscrits au patrimoine universel, risquent d’être déclassés de l’avis de certains observateurs. En effet, en adhérant à la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, naturel et culturel, chaque Etat se doit d’assurer la protection, la conservation et la mise en valeur du patrimoine culturel et naturel dont il dispose.
C’est en 1982, dix ans après l’adoption de cette convention par l’Unesco, que des sites naturels et culturels en Algérie ont été inscrits au patrimoine mondial par cette organisation. La cité antique de Djemila, les vestiges de Timgad, la Qal’âa des Beni Hammad, la Casbah d’Alger ou encore Tipasa sont les sites qui ont rejoint la longue liste établie par l’Unesco en 1982. L’état dans lequel se trouvent ces hauts lieux de l’histoire, aujourd’hui, est pour le moins que l’on puisse dire, affligeant. Chaque année, la cité antique de Djemila reçoit le festival éponyme de la chanson arabe. Il est inutile de rappeler toutes les nombreuses menaces que constitue ce genre de manifestations sur la sauvegarde et préservation de ce site archéologique. Elle s’écroule lentement et tranquillement dans l’indifférence totale des autorités locales. Le cas de la Casbah d’Alger est dans ce sens, édifiant. Il suffit d’y mettre les pieds une seule fois pour constater l’état de décrépitude dans lequel elle se trouve. Des pans entiers de notre histoire risquent ainsi d’être effacés. Les nombreux appels lancés par les associations de protection de ce patrimoine ancestral restent le plus souvent lettre morte. Témoin de plus d’un millénaire d’histoire, Tipasa ne fait malencontreusement pas l’exception. Preuve en est: l’état éctuel de ce joyau de l’humanité, tant encensé, qui a inspiré de nombreux poètes et écrivains dont Albert Camus, inscrit en 2006 sur la liste du patrimoine en péril lors de la 30e session du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, qui s’est tenue à Vilnius en Lituanie.

Hadjer GUENANFA

in l’expression

BATNA: Imedghassen défie le temps

مارس 29, 2010 by amamra  
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L’initiative d’organiser un festival à Imedghassen qui pourrait y attirer spécialistes et touristes, n’a pas abouti faute de patronage.

Dressé sur un léger promontoire, presque sur le bas-côté d’un chemin communal qui relie la petite localité de Boumia à la route Batna-Constantine, le mausolée Imedghassen dédié, dit-on, au roi Madghis, semble affirmer avec fierté, malgré les dommages du temps, son statut de monument numide le plus important d’Afrique du Nord. Aucune plaque ne signale pourtant aux automobilistes empruntant cette route nationale la présence de ce vestige dont la construction remonterait, selon des études historiques, à la fin du IVe siècle avant notre ère.
Ce tombeau royal semble depuis quelque temps vieillir plus rapidement sous l’action de multiples facteurs naturels. Ses côtés commencent à s’effriter progressivement, et certaines de ses parties supérieures se sont latéralement affaissées provoquant des ouvertures béantes. Les rares tentatives engagées par les instances de tutelle pour stopper cette dégradation ont été, semble-t-il, inopérantes, alors qu’une opération de restauration lancée en 2009 pour un coût de 40 millions de dinars a dû être suspendue à la suite de «réserves faites par des spécialistes qui l’avaient jugée tout simplement inutile», affirme-t-on à la direction de la culture. Mais, toute initiative de restauration ne pourrait être réellement salvatrice que si elle était encadrée par des spécialistes compétents. Une réflexion pour l’inscription d’une opération nouvelle est menée actuellement au niveau central.
Ce mausolée qui fait partie des tombeaux de type «bazina», typiques de l’architecture funéraire numide, tout en étant le plus grand du genre, se trouve au milieu d’une ancienne nécropole dont les traces ont aujourd’hui disparu en raison, entre autres, de la construction d’une route dans les alentours immédiats. De forme cylindrique avec une base de 59 mètres de diamètre et une hauteur de 19 mètres, le monument semble réunir des influences à la fois numide, orientale et hellénique. Pour attirer l’attention sur la situation de ce vestige, classé par le programme World Monuments Watch parmi les 100 monuments les plus menacés au monde, les responsables de la commune de Boumia (dont relève administrativement le site) ont eu l’ingénieuse idée de réaliser, au niveau du rond-point situé à al’entrée de la ville, une réplique identique d’Imedghassen.
Selon le président de l’Assemblée populaire communale, l’initiative d’organiser un festival à Imedghassen qui pourrait y attirer spécialistes et touristes, n’a pas abouti faute de patronage. Les alentours du site d’Imedghassen n’en finissent pas de révéler de véritables trésors archéologiques, notamment des pièces de monnaie numide. Aghasdis, un lieudit de cette région dont l’appellation en berbère signifie «creuse ici» n’a pas cessé de sortir de ses entrailles des «richesses archéologiques inestimables». Les vieilles nécropoles et anciens monuments sont légion dans cette région et leur intérêt, affirme le maire de Boumia, est «tout aussi important pour l’historien que le monument d’Imedghassen qui se dresse depuis plus de deux millénaires, comme pour témoigner aux générations de la grandeur de leurs aïeuls».

R.R

in l’expression

Melhfa des Aurès, la renaissance…

أغسطس 18, 2009 by amamra  
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Victime d’une grande prédisposition et de perméabilité à tout ce qui est importé, au nom du moderne, du branché et du tape-à-l’œil, la tenue chaouie avait frôlé le trépas. C’est dans le milieu rural qui est en fait son milieu naturel, — lieu de naissance — que la tenue aurésienne comme c’est le cas pour le tapis, la kachabia et le burnous ont trouvé refuge et preneur en attendant des jours meilleurs.

Lui préférant des tenues de fêtes des quatre coins du pays : caftan, tenue algéroise, robe kabyle et, quelquefois même, de l’importé comme les kimonos, ensembles indiens…, les enfants du pays (plus exactement les filles) semblent vouloir se ressourcer ou, mieux encore, s’affirmer. Depuis plus d’une quinzaine d’années, quelques irréductibles fans, mais surtout de fins connaisseurs, avaient refusé de signer l’acte de mort de la belle et bariolée tenue. Du plus ancien couturier de la ville de Batna M. Floussi, octogénaire de nos jours, aux plus jeunes militants du mouvement associatif, l’envie et l’abnégation étaient les mêmes : maintenir en vie un costume plurimillénaire. Ça et là, dans l’artère principale de la ville de Batna, mais aussi dans plusieurs quartiers, de beaux modèles de robes chaouies sont exposés, et ce n’est pas la demande qui manque. De l’aveu d’un photographe, depuis l’acquisition d’une robe, son studio ne désemplit pas, il avoue : « Ce sont surtout les jeunes filles qui veulent se faire prendre en photo en tenue chaouie, mais qui me demandent aussi de couvrir les fêtes de mariage où j’ai vu des mariées en robe chaouie de luxe. » Cependant, notre interlocuteur a une petite inquiétude, les femmes préfèrent faire appel aux photographes femmes… Le propriétaire d’un magasin spécialiste en robes aurésiennes Mostafa Gerbaz qui n’a rien d’un opportuniste, car il a connu « la traversée du désert », des jours où le tissu jordanien et égyptien faisaient des ravages, et ses fins de mois sonnaient clair. Le résistant (sic) avait refusé de céder aux chants de sirènes en déclarant : « J’ai vu ma grand-mère dans cette tenue, ma mère aussi ; j’en ai fait une question de nif et de baroud. Résister et innover ou mourir, et, aujourd’hui, nos efforts sont récompensés. Aussi bien les femmes que les jeunes filles ne circulent pas dans la rue en tenue chaouie certes, comme en Kabylie ce qui est extraordinaire. Mais l’appétit venant en mangeant, j’ai l’ultime conviction que le jour viendra, et il n’est pas loin, de revoir, comme jadis, des groupes de femmes, tel un bouquet de fleurs, se promener en tenue chaouie. » D’une conviction inébranlable, notre interlocuteur dit voir des signes qui ne trompent pas, et il ajoute : « Lorsque des magasins de mozabites commercialisent un produit, c’est un indicateur de réussite et une valeur sûre. » Vérification faite, sur la route de Biskra, les plus belles devantures proposent des melhfas haut de gamme, confectionnées en séries, et qui se vendent plutôt bien selon les propriétaires. Le retour ou le come-back de ce costume enterré vivant constitue un gagne-pain, pour ne pas dire une création de richesses, pas uniquement pour le propriétaire du magasin, le photographe, mais aussi et surtout pour les femmes qui le confectionnent et qui ne cessent de le rendre plus pratique et mieux adapté pour répondre à une génération très exigeante, car elle a le choix. Reste que ceux et celles qui parlent de tourisme, artisanats, culture entre les quatre murs des salons calfeutrés n’ont aucun mérite, car cela s’est fait sans eux et, quelquefois même et hélas, malgré eux.

source : el watan

À quand la restauration de imedghassen vieux de 24siècles?

فبراير 7, 2009 by admin  
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Imadghassen, presque le même style que celui dudit Tombeau de la chrétienne de Tipasa. Localisé entre Constantine et le village de Timgad à Batna , il est une halte par excellence pour touristes. Ce chantier s’éternise au risque de « coûter » cher à sa… valeur historique.

Érigé au sommet d’une terre surélevée, chemin reliant le village de Boumia (daïra d’El-Madher) à la RN3, Medracen, ce mausolée typiquement numide, vieux de plus de 24 siècles a été édifié vraisemblablement à la fin du IIIe siècle avant J-C, attend encore l’opération de sa restauration ,ainsi que ses pierres de taille «éboulées» par le temps. Effectivement, la restauration du tombeau du Medracen, engagée par la direction de l’urbanisme et de la construction (DUC) de la wilaya de Batna, est à l’arrêt depuis des mois. Aucune évolution n’est constatée sur ce chantier. La situation semble ankylosée. L’échafaudage monté à la fin de l’année 2006 pour la réfection du monument semble prendre racine et le chantier de semble avoir été évacué depuis belle lurette. Aux interrogations quant aux raisons de l’arrêt des travaux de réfection ou de remise en état du monument antique, c’est motus et bouche cousue. Les questions restent posées sur cet état des lieux. En absence d’une communication officielle, place aux les rumeurs ! On avance pêle-mêle, manque de budget, non-faisabilité technique de l’opération qui risque de menacer tout l’édifice ou, encore, déficit en spécialistes restaurateur.

Dans l’attente d’une hypothétique relance du chantier, le temps semble accomplir son œuvre funeste ; gigantesque et arrogant le Medracen continue, malgré les blessures qu’il porte, à toiser du regard le temps et les hommes. Tel un mutilé de guerre, Medracen attend qu’on le débarrasse de ses pansements, que sont ces feuilles de zinc coiffant quelques-uns de ses vingt-quatre gradins, et de ces béquilles sur lesquelles il s’appuie, ces madriers qui le soutiennent et renforcent quelques-unes de ses 60 doriques… C’est le même décor d’antan qui persiste et la situation se dégrade de jour en jour. Ce sont les mêmes pierres de taille qui gisent à ses pieds et les mêmes blessures qui stigmatisent son corps.

Pourtant, à l’époque l’ex-DUC de la wilaya de Batna a affirmé que “les travaux étaient en phase d’urgence” et que la DUC avait fait appel à des spécialistes, en la matière, venant de Tlemcen pour restituer un « état d’origine » à ce mausolée numidien . Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et la restauration du Medracen, ce gigantesque cône de pierres à gradins, posé sur un socle cylindrique, cette base, peu élevée de 4,43 mètres et ornée de soixante colonnes engagées, surmontées de chapiteaux doriques, est restée « en souffrance ». Le temps semble s’acharner contre ce monument antique pour le mettre à genoux. D’ailleurs, l’auteur du livre intitulé, « L’Algérie septentrionale » ,n’a-t-il pas écrit que le tombeau de Medracen avait fait objet d’assauts de la part des autochtones pour le terrasser mais sans y parvenir. Résistera-t-il devant le dédain et le mépris imposé par l’homme du XXIe siècle ?